Chapitre 1

Tome 2 : Partir et découvrir

Chapitre 1

Un départ si convoité, un départ si difficile

Ça y ai.

Le taxi m’attend dehors. Je m’habille chaudement et embrasse une dernière fois mes parents. Maman fait de gros efforts pour ne pas pleurer et se jeter dans mes bras. Je suis triste car je sais que pour elle, Léa s’en va une nouvelle fois. Il lui arrive encore de m’appeler Léa mais comment pourrais-je lui en vouloir ? Je prends mes derniers bagages et quitte le domicile familial. A peine ai-je fermé la porte que j’entends Maman pleurer. J’ai envie de retourner dans la maison et lui répéter combien je l’aime cependant cette action ne ferait qu’aggraver les choses. Le chauffeur m’aide à transporter mes bagages jusqu’au coffre de sa voiture. Julian m’a avoué ne pas avoir eu le courage de partir comme je le fais. Aujourd’hui il a vingt-sept ans, célibataire et sans enfant, néanmoins il affirme être heureux.

Le chauffeur démarre. Il est trop tard pour revenir en arrière. Je salue une dernière fois Killian par la vitre. Killian ne souris plus ni ne parle depuis qu’il doit faire des choix. Je crois que seul Kian et Maëva peuvent affirmer avoir une vie heureuse et paisible. Kian vit avec sa copine dans un lotissement près de la plage. Il se prépare à être papa.  J’aperçois une petite fille qui cache son visage entre ses mains. Je n’arrive pas à savoir si elle pleure ou rigole. Je me revois à l’école, enfant, ignorant et naïf du monde qui m’entourait. Je me souviens la fois où j’avais menacé mon instituteur parce que j’avais eu une mauvaise note. Le professeur n’est pas revenu le lendemain. J’étais allé voir le directeur pour lui demander quand l’instituteur reviendra. Sans rien dire, il me fit comprendre de retourner en cours. Chaque jour j’attendais le retour de l’instituteur. Nous ne l’avons jamais revu.  J’appris plus tard qu’il n’était pas là au bon moment ni au bon endroit. Une balle perdue entre un fuillard et un représentant de l’ordre l’atteignit. Je ne suis plus cet enfant naïf, les contes de fée n’existent pas.

La ville a disparu de mon champ de vision. Mon enfance est derrière moi. Plus aucun son ne me parviens de cette ville. Seul le ronronnement du moteur perturbe mes pensées. Appalossa Plains. J’arrive.

 

Suite : Chapitre 2